Courir le semi-marathon de Madrid partie 2/2

Réveil matin 15h , j’me réveille comme une fleur (clique ici si t’as pas la ref)… Dimanche matin plutôt 6h01 j’émerge du sofa dans lequel j’ai (mal) dormi, c’est le jour J, dans 3h je prends le départ de ma plus longue course jamais entreprise et là tout de suite j’ai pas du tout la motivation.J’ai prévu de bien me nourrir et m’hydrater, au final je mange trop et ne bois pas assez. Il est 7h, j’ai le ventre trop plein, je m’en veux et prie pour digérer à temps tout ce que j’ai ingurgité et ainsi m’épargner le ridicule de vomir dès les premiers kilomètres. Je m’installe donc tranquillement devant le dernier épisode de Grey’s Anatomy avec ma potion magique : du café. Je n’en bois habituellement jamais car ça me rend anxieuse mais j’ai découvert que, telle celle de panoramix, la mixture avait tendance à décupler mes forces. Il est pas loin de 8h25 et après environ 10 passages aux toilettes (j’étais vraiment très stressée) je pars pour rejoindre Plaza de Colon d’où le départ sera donné à 9h05.

Arrivée sur place je commence par me tromper de côté pour déposer mes affaires au vestiaire, repars dans l’autre sens en courant, me déleste de mon sac et dis au revoir à ma bouteille d’eau après une dernière gorgée. Il est 8h50 et le litre et demi de liquide bu plus tôt dans la matinée me rappelle à l’ordre, malgré la cinquantaine de toilettes prévues par l’organisation les runn-er-euse-s sont nombreux et les queues n’avancent pas, j’attends mon tour et tente de m’échauffer et de ne pas penser à la possibilité que le départ soit donné alors que je suis encore sur le trône. Je rejoins finalement vers 9h mon sas (comprendre la toute fin du peloton de course) aux rythmes des clappements de mains et de la voix de Bryan May et quelques milliers d’autres me disant qu’ils vont me rocker. Les vagues successives de cour-eur-euse-s passent, je ne franchirai la ligne de départ qu’à 9h20 parmis les derni-ère-er-s à partir. J’ai mémorisé le parcours, ou du moins je sais que les 5 premiers kilomètres ne seront que de la montée.

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J’ai l’impression d’avancer comme une tortue, je reste bienveillante, même si je fais du plus de 7min/km et que je dois mettre 3h pour venir à bout de ce semi je n’en doute pas je le finirai. Je regrette déjà ma bouteille d’eau, le café me déshydrate et mon estomac me brûle mais j’avance, je double quand je peux, la route a beau être large nous la remplissons entièrement et il est parfois dur de se faufiler au milieu de tout ce monde. Premier ravitaillement aux alentours du cinquième kilomètre, je bois, j’arrose mes jambes et ma tête, voilà mon bidou apaisé, je repars de plus belle il ne devrait plus y avoir que de la descente pendant 10 km.

Screenshot-2018-4-24 View my Race Photos on www marathonfoto com

Je découvre rapidement qu’en réalité l’itinéraire est davantage une succession de montées et descentes qu’une promenade de santé, mais je me sens bien mes jambes me portent sans difficulté dans les montées (merci la musculation) et je me laisse emporter par l’élan dans les descentes. Les kilomètres défilent  tranquillement, je ne sais pas trop où je suis, des concerts de rock se jouent tout au long du parcours et quelques supporters madrilènes nous encouragent mais ce qui me porte c’est le magnifique groupe que nous formons, cette masse déterminée qui avance, souffle, transpire et vibre au rythme des foulées. Aux environs du 10ème km j’entends un français dire à sa partenaire qu’ils sont sur un rythme de 5’49min/km, je n’en crois pas mes oreilles,  moi qui croyais me traîner j’avance en réalité bien vite.

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Je me sens bien, je ne sais pas à quoi je pense mais je sais que je suis étrangement sereine, ma tête n’est pas occupée par un brouhaha incessant de pensées, je ne doute pas, je suis confiante. De temps en temps je regarde le public espérant en secret voir  une tête connue, quelq’un-e venu-e m’encourager, j’entends les notifications de message qui arrivent sur mon portable, je pense aux membres de ma famille qui suivent ma course en direct depuis la France, ielles sont avec moi, dans mon cœur. Un passage dans un tunnel, quelques secondes pendant lesquelles nous nous lâchons, les cris fusent et les encouragements résonnent et nous donnent de la force. Il fait de plus en plus chaud, je bois régulièrement, m’en tiens à l’eau et ne mange pas car je n’en ressens pas le besoin et que je crains d’avoir des difficultés à digérer, nous retrouvons peu à peu le centre ville, ses rues commerçantes et ses beaux édifices. Au kilomètre 17 les (futur-e-s) marathonien-ne-s nous quittent pour rejoindre leur destinée (#lamortpar42km), le cœur serré, l’émotion est là tandis que nous les encourageons du mieux que nous pouvons, tandis que nous arrivons bientôt à la fin de notre course eux n’ont même pas réalisé la moitié de leur parcours.

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Je commence à avoir chaud au pied, les frottements répétés et le gonflement de mes jambes me donnent un léger inconfort, de plus je sens que des irritations apparaissent au niveau de mes aisselles m’obligeant à courir avec les bras décollés du buste. Je commence à ressentir la fatigue, physique mais aussi nerveuse, j’ai chaud, je suis déshydratée et j’en ai marre, je veux que cette course se finisse.

Une descente jusqu’à la gare d’Atocha, un virage et la voilà je la vois enfin la ligne d’arrivée. Il me reste quelques centaines de mètres, ça monte mais je tente d’accélérer, je donne tout ce qu’il me reste, je m’accroche et finalement je la franchi. Mon portable m’indique 21,8km en 2h06:32 soit un rythme moyen de 5’48 min/km, je n’en crois pas mes yeux, c’est inespéré. J’appelle ma mère pour lui annoncer que ça y est je l’ai fait, je suis semi-marathonienne, submergée par l’émotion, les larmes roulent  sur mes joues tandis qu’un sentiment de fierté mêlée d’euphorie m’envahit.

Je récupère ma superbe médaille ainsi qu’un ravito digne d’un festin avant de doucement récupérer ce sac laissé plus tôt dans la matinée, reprendre le métro et retourner chez moi. Au milieu de ces actes d’une terrible banalité je ne peux m’empêcher de me sentir changée, les endorphines emplissent mon corps, je suis sur un petit nuage.

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Mon temps officiel est de 21.097km en 02h05:45, un résultat dont je suis extrêmement fière, une première course plus qu’encourageante qui me montre que je sous-estime bien souvent les capacités de mon corps et de ma tête pour me mener au bout de mes objectifs. Je n’ai pas encore de prochaine course programmée, j’aurai adoré m’inscrire au Trail du Bout du monde qui a lieu en juillet dans ma Bretagne d’amour, malheureusement tous les dossards du 20km ont été vendus. Je reprends doucement mes sorties hebdomadaires, je cajole mon corps, essaye de ne plus me blesser, ça me semble déjà bien.

PS : oui je suis une radine qui fais des screenshots de ses photos officielles mais à 20 euros la photo je pense qu’on peut me pardonner cette faute de goût.

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Publié par

Sabine

L'année d'étude à Madrid d'une angoissée chronique légèrement névrosée.

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